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Bébé et musique 

la musique et bébé
mercredi 16 mai 2018, 08:14
Comment éveiller votre nouveau-né à la musique? Initiez-le à une deuxième langue!
Les bébés qui évoluent dans un environnement bilingue montreraient plus de sensibilité pour la musique, stipule la récente étude publiée par Cambridge University Press. Quels sont les liens entre la musique et le bilinguisme?
Vous venez d'avoir un bébé et son avenir vous préoccupe déjà. Sera-t-il doué pour la musique ou pour la peinture? Sera-t-il astronaute ou chef d'orchestre? Vous avez raison, il faut mettre toutes les chances de son coté, et il n'est jamais trop tôt pour s'organiser. Il est vrai que pour le calcul ou la philosophie, il faudra attendre quelques années, mais il y a des domaines que vous pouvez aborder dès les premiers mois. Prenons la musique: il semblerait que les enfants exposés à la musique dès leur plus jeune âge développent de meilleures capacités cognitives. Là-dessus, vous pensez être prête avec plusieurs versions de Pierre et le loup sur l'étagère et le Carnaval des animaux sur votre téléphone. Pour pouvoir embarquer votre enfant pour un concert jeune public dans une vraie salle de concert, il faudra patienter…
Voici ce que vous pouvez faire dès à présent. Pensez à faire appel à une nounou de langue maternelle autre que le français. Vous ne voyez pas le lien? Et bien,  sachez qu'il faut fairet d'une pierre deux coups: en plus d'être une gymnastique bénéfique pour le cerveau, le bilinguisme serait crucial dans le développement de la sensibilité musicale chez les bébés.
C'est ce qu'affirment les chercheurs Liquan Liu de l'Université de Sidney Ouest et René Kager de l'Université d'Utrecht. Spécialistes du bilinguisme, ils ont prouvé par leurs travaux antérieurs que les bébés bilingues développent une meilleure sensibilité à discerner les variations subtiles dans les hauteurs tonales d'une langue. Dans leur nouvelle étude ils sont allés un pas plus loin en s'intéressant à la sensibilité musicale des bébés qui évoluent dans un environnement bilingue. Selon les chercheurs, les bébés bilingues seraient plus à même de détecter les nuances subtiles, linguistiques ou musicales, dans leur entourage. Une capacité liée à leur sensibilité acoustique plus développée.
"Lorsqu'un enfant apprend deux langues en même temps, cet apprentissage forme un système plus complexe et plus détaillé des sons qui se chevauchent pour permettre une meilleure compréhension acoustique en général" explique Liquan Liu". Ces bébés pourraient tirer profit de cette différenciation des nuances subtiles entre deux langues en la transposant sur la perception des sons non-parlés, comme la musique. Ils seraient aussi plus attentifs aux détails acoustiques que les bébés monolingues, grâce au va-et-vient permanent entre deux langues qui est un exercice supplémentaire pour l'oreille et le cerveau".
Ceci dit, il faut s'y prendre tôt, avant la première année révolue de l'enfant. Les chercheurs ont ainsi travaillé avec deux groupes de bébés âgés de 8 à 9 mois. Tous avaient en commun le néerlandais comme langue maternelle, et pour le groupe des bébés bilingues, la deuxième langue appartenait à la catégorie des langues non-tonales (celles pour lesquelles la mélodie ou la hauteur ne détermine pas le sens du mot). Les deux groupes ont écouté les sons provenant d'une langue étrangère et les sons du violon puis les chercheurs ont tenté de voir s'ils réagissaient aux contrastes.
Contrairement aux bébés monolingues, les bébés bilingues ont réagi très clairement aux sons contrastés joués au violon: "Les résultats ont montré que les bébés qui évoluent dans un environnement bilingue sont plus réceptifs à la différence entre deux notes de violon que le groupe monolingue. Comme ils sont exposés à un environnement plus complexe dans le processus d'apprentissage des deux langues, les bébés bilingues pourraient avoir plus de sensibilité aux nuances acoustiques des stimuli, une sensibilité qui n'est pas limitée au langage, mais est valable aussi pour les stimuli musicaux".
Donc, si vous voulez éviter que vôtre enfant soit bêtement astronaute, initiez votre bébé à une deuxième langue. Votre anglais est trop basique et votre accent français vous trahit? Engagez dès à présent une baby-sitter en version originale!

TOUTE LA MUSIQUE EST LA: Archive 8bis


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Bébé et musique 

la musique et bébé
mercredi 16 mai 2018, 08:14
Comment éveiller votre nouveau-né à la musique? Initiez-le à une deuxième langue!
Les bébés qui évoluent dans un environnement bilingue montreraient plus de sensibilité pour la musique, stipule la récente étude publiée par Cambridge University Press. Quels sont les liens entre la musique et le bilinguisme?
Vous venez d'avoir un bébé et son avenir vous préoccupe déjà. Sera-t-il doué pour la musique ou pour la peinture? Sera-t-il astronaute ou chef d'orchestre? Vous avez raison, il faut mettre toutes les chances de son coté, et il n'est jamais trop tôt pour s'organiser. Il est vrai que pour le calcul ou la philosophie, il faudra attendre quelques années, mais il y a des domaines que vous pouvez aborder dès les premiers mois. Prenons la musique: il semblerait que les enfants exposés à la musique dès leur plus jeune âge développent de meilleures capacités cognitives. Là-dessus, vous pensez être prête avec plusieurs versions de Pierre et le loup sur l'étagère et le Carnaval des animaux sur votre téléphone. Pour pouvoir embarquer votre enfant pour un concert jeune public dans une vraie salle de concert, il faudra patienter…
Voici ce que vous pouvez faire dès à présent. Pensez à faire appel à une nounou de langue maternelle autre que le français. Vous ne voyez pas le lien? Et bien,  sachez qu'il faut fairet d'une pierre deux coups: en plus d'être une gymnastique bénéfique pour le cerveau, le bilinguisme serait crucial dans le développement de la sensibilité musicale chez les bébés.
C'est ce qu'affirment les chercheurs Liquan Liu de l'Université de Sidney Ouest et René Kager de l'Université d'Utrecht. Spécialistes du bilinguisme, ils ont prouvé par leurs travaux antérieurs que les bébés bilingues développent une meilleure sensibilité à discerner les variations subtiles dans les hauteurs tonales d'une langue. Dans leur nouvelle étude ils sont allés un pas plus loin en s'intéressant à la sensibilité musicale des bébés qui évoluent dans un environnement bilingue. Selon les chercheurs, les bébés bilingues seraient plus à même de détecter les nuances subtiles, linguistiques ou musicales, dans leur entourage. Une capacité liée à leur sensibilité acoustique plus développée.
"Lorsqu'un enfant apprend deux langues en même temps, cet apprentissage forme un système plus complexe et plus détaillé des sons qui se chevauchent pour permettre une meilleure compréhension acoustique en général" explique Liquan Liu". Ces bébés pourraient tirer profit de cette différenciation des nuances subtiles entre deux langues en la transposant sur la perception des sons non-parlés, comme la musique. Ils seraient aussi plus attentifs aux détails acoustiques que les bébés monolingues, grâce au va-et-vient permanent entre deux langues qui est un exercice supplémentaire pour l'oreille et le cerveau".
Ceci dit, il faut s'y prendre tôt, avant la première année révolue de l'enfant. Les chercheurs ont ainsi travaillé avec deux groupes de bébés âgés de 8 à 9 mois. Tous avaient en commun le néerlandais comme langue maternelle, et pour le groupe des bébés bilingues, la deuxième langue appartenait à la catégorie des langues non-tonales (celles pour lesquelles la mélodie ou la hauteur ne détermine pas le sens du mot). Les deux groupes ont écouté les sons provenant d'une langue étrangère et les sons du violon puis les chercheurs ont tenté de voir s'ils réagissaient aux contrastes.
Contrairement aux bébés monolingues, les bébés bilingues ont réagi très clairement aux sons contrastés joués au violon: "Les résultats ont montré que les bébés qui évoluent dans un environnement bilingue sont plus réceptifs à la différence entre deux notes de violon que le groupe monolingue. Comme ils sont exposés à un environnement plus complexe dans le processus d'apprentissage des deux langues, les bébés bilingues pourraient avoir plus de sensibilité aux nuances acoustiques des stimuli, une sensibilité qui n'est pas limitée au langage, mais est valable aussi pour les stimuli musicaux".
Donc, si vous voulez éviter que vôtre enfant soit bêtement astronaute, initiez votre bébé à une deuxième langue. Votre anglais est trop basique et votre accent français vous trahit? Engagez dès à présent une baby-sitter en version originale!

TOUTE LA MUSIQUE EST LA: Archive 8bis

L'attirance physique et la beauté

beauté, fleur  de femme
samedi 12 mai 2018, 06:49 On pourrait croire que l'attirance physique est strictement une affaire de goûts personnels et d'influences culturelles. Mais de nombreuses expériences montrent que notre conception de la beauté est grandement influencée par notre héritage évolutif et par des circuits cérébraux "pré-câblés".
On distingue en fait trois grands mécanismes à l'œuvre derrière l'attirance que l'on éprouve pour certaines personnes : la sélection naturelle, la sélection sexuelle et l'apprentissage culturel.
La beauté est donc non seulement "dans l'œil de celui qui regarde", mais aussi dans son cerveau. Un cerveau sculpté par la sélection naturelle et donc préférant les individus en santé, et évitant ceux susceptibles d'être porteur de maladies ou de malformations.
Nombre de psychologues qui étudient la question pensent en effet qu'un visage symétrique et une peau impeccable, des critères de beauté couramment admis, nous persuadent inconsciemment que la personne n'est pas malade et constitue donc un bon prospect pour l'accouplement.
Et ce penchant inné pour la beauté via la symétrie associée inconsciemment à de “bons gènes” serait fonctionnel très tôt. Des études ont par exemple montré que des bébés de 6 mois (et même de 2 mois!) portaient plus d'attention à des visages préalablement jugés attirants par des adultes. Difficile de voir ici une influence culturelle des magazines de mode…
Ce n'est pas non plus une surprise de constater que l'évolution nous incite à être attiré davantage par des gens dont l'âge correspond plus ou moins au maximum de fertilité. C'est en tout cas assez clair pour la femme dont le pic de fertilité est au début de la vingtaine. Et différentes approches ont démontré que les femmes jugées les plus attirantes ont généralement autour de 21 ou 22 ans. Comme les hommes demeurent fertiles une grande partie de leur vie, la beauté masculine serait moins influencée par l'âge, se maintenant par exemple à son maximum jusqu'à la fin de la vingtaine.
Un phénomène intéressant, qui avait déjà été mis en évidence par Francis Galton à la fin des années 1870, est qu'un visage dont les traits sont dessinés à partir de la moyenne des traits de nombreux visages a l'air plus attirant que la grande majorité des visages ayant servi à calculer la moyenne. Cette capacité que nous aurions de nous construire un visage moyen de référence nous ferait trouver moins beau les visages qui s'écarteraient trop de cette moyenne. Ce phénomène pourrait expliquer les préférences pour les visages du même groupe ethnique que le nôtre (que nous avons habituellement plus côtoyé). Et son explication évolutive résiderait dans le fait que les individus ayant hérité de caractéristiques trop atypiques sont souvent désavantagés dans une population, donc moins intéressants pour la reproduction.
Deux autres études, se rapportant cette fois-ci à des traits physiques de l'ensemble du corps et pas seulement du visage, vont en ce sens. La première porte sur la longueur des jambes. On a par exemple démontré que des photos d'hommes et de femmes avec des jambes plus courtes que la moyenne étaient perçues comme moins attirantes par les deux sexes. Mais si des jambes plus longues étaient considérées comme plus attractives, cela ne semble vrai que pour un léger pourcentage de l'allongement par rapport à la moyenne. Des jambes excessivement longues ont diminué l'appréciation esthétique des images de corps présentées chez les deux sexes. Les auteurs de cette étude pensent que des jambes trop courtes ou excessivement longues pourraient être associées à des problèmes de santé, et acquérir ainsi inconsciemment une valeur négative.
Une seconde étude montre qu'il semble y avoir un rapport optimal entre la circonférence de la taille et celle des hanches pour évoquer la jeunesse et la bonne santé. Plusieurs autres travaux parlent d'un ratio de 0,7 pour les femmes et de 0,9 pour les hommes qui auraient une attractivité sexuelle maximale. En 2010, on a aussi pu établir une corrélation entre le rapport taille-hanche de 0,7 chez la femme et une activation maximale du circuit de la récompense dans le cerveau de l'homme. Le caractère universel de cette préférence avait toutefois été débattu à fin des années 1990.

Le deuxième mécanisme influençant nos critères de beauté, la sélection sexuelle, permet de rendre compte, par exemple, des quelques visages d'un groupe qui sont jugés plus attirants que le visage issu de la moyenne. Car on s'est aperçu que c'est en accentuant certains traits particuliers qu'ils différaient de la moyenne, des traits que l'on a depuis associé à la féminité ou à la masculinité. Ainsi, les visages féminins ayant des sourcils plus arqués, des yeux plus grands, un nez plus petit, des lèvres plus pulpeuses, une mâchoire plus étroite ou un plus petit menton sont jugés plus jolis. Des traits souvent opposés seront plus appréciés pour les hommes, comme une arcade sourcillière plus prononcée, des sourcils plus touffus qui sont placés plus près des yeux, un nez, une bouche et une la mâchoire inférieure plus large, etc.
Les changements hormonaux qui surviennent à l'adolescence favorisent ces différences, la testostérone allongeant par exemple la mâchoire, les œstrogènes augmentant le volume des lèvres, des seins, des hanches… Toutes des caractéristiques de la femme qui “parlent” au mâle et lui indique que celle-ci est fertile. Bref, c'est le même principe de base de la sélection sexuelle qui a favorisé l'émergence de la fameuse queue du paon mâle, un handicap pour le vol vu sa taille, mais un atout qui a toujours su séduire davantage les femelles, d'où sa persistance dans la population (car séduction réussie = accouplement = petits qui héritent de cette caractéristique).
D'ailleurs, les femmes qui se maquillent tendent intuitivement à exagérer, par le rouge à lèvre ou l'épilation des sourcils, ces caractéristiques féminisantes. Sans parler des nombreuses chirurgies esthétiques visant à augmenter la taille des lèvres ou des seins pour qu'ils deviennent ce que les éthologistes appellent des stimuli “supra-normaux”.
Du côté masculin, ces parangons de virilité ne sont curieusement pas ceux qui attirent le plus les femmes lorsqu'il s'agit d'évaluer s'ils feraient un bon père pour leurs enfants. En fait, le choix d'un partenaire est beaucoup plus complexe pour la femme qui doit en calculer toutes les implications sur le long terme, étant donné tout l'investissement en temps et en soins que cela représente pour elle. Donc santé et fertilité oui, mais pas trop de penchant pour des conduites trop masculines, comme l'agressivité, qui pourraient constituer une menace pour la famille.
Plusieurs études ont même démontré que le type d'homme préféré par les femmes varie en fonction du stade de son cycle menstruel : les femmes qui ovulent ont tendance à préférer les hommes à la physionomie plus masculine; et celles qui sont dans leurs phases moins fertiles les hommes avec un visage plus doux, plus androgyne.
L'influence du stade du cycle menstruel se fait sentir à bien d'autres niveaux, comme la simple démarche d'un homme. Les femmes sont en effet davantage attirées vers des démarches plus viriles lorsqu'elles sont en phase d'ovulation, et plus vers des démarches moins masculines lorsqu'elles sont en phase menstruelle.
Par ailleurs, les femmes qui ont de la facilité à s'engager dans des relations sexuelles spontanées seraient, elles aussi, plus sensibles aux démarches viriles. Cette ouverture sexuelle, qui dépend en partie du type d'éducation sexuelle reçu, se laisserait davantage guider par des indices d'origine génétique, comme la démarche, que par d'autres critères plus sociaux (tempérament, sensibilité, niveau de revenus ou d'éducation, etc.) plus considérés par les femmes ayant reçu une éducation plus restrictive sur le plan sexuel.
Les données montrant que l'effet facilitateur de l'ovulation sur le comportement sexuel des femmes ne s'arrête pas là. Les jeunes femmes accepteraient environ trois fois plus facilement de donner leur numéro de téléphone à un garçon lorsqu'elles sont en période d'ovulation. Même chose pour les mots à connotation sexuelle qui attirent plus rapidement l'attention des femmes lorsqu'elles ovulent. Les femmes seraient également plus attirantes pour les hommes à ce moment et s'habilleraient aussi de façon plus provocante à ce stade de leur cycle.
D'autres études compliquent encore le tableau… de chasse de la femme: le revenu ou le statut social élevé d'un individu peut le rendre attirant aux yeux des femmes malgré un physique quelconque. Cela ne semble cependant pas être le cas chez l'homme pour qui une femme jugée peu attirante le demeurera malgré un statut social élevé.

Cet exemple nous amène à notre troisième mécanisme infuençant nos critères de beauté, l'apprentissage culturel. En effet, bien que le statut social élevé d'un mâle soit un critère largement recherché chez les femelles primates, les manifestations visuelles ou comportementales de ce statut élevé sont fortement teinté d'un apprentissage culturel chez l'humain.
L'apprentissage est donc le mécanisme d'ajustement fin (“fine-tuning”, en anglais) qui permet aux mécanismes de séduction d'être spécifiquement adaptés à une culture, et même à un mode de vie (ville, campagne, etc.) ou à une histoire de vie particulière. Bref, c'est ce qui fait qu'on n'est pas tous attirés par les mêmes personnes.
L'aspect culturellement appris de la beauté s'observe par exemple entre différents groupes ethniques qui ne se trouvent généralement pas attirant de prime abord. Mais lorsqu'un groupe a un statut socio-économique plus élevé que l'autre, les traits physiques de ceux-ci tendent à devenir des critères de beauté pour les groupes ethnique de statut moindre. On pense par exemple aux nombreux noirs américains qui faisaient “défriser” leurs cheveux quand ce n'était que des blancs qui occupaient des postes politiques ou économiques importants aux États-Unis. Or depuis l'apparition de noirs à des postes de pouvoir, on note une appréciation esthétique grandissante pour les traits négroïdes comme les nez plus larges ou les cheveux très frisés.

Comment nos cerveaux sont-ils influencés

gafa et cerveau
mardi 15 mai 2018, 07:08 par les plateformes numériques
Alors que le scandale de Facebook et Cambridge Analytica continue d'alimenter l'actualité, la mise en lumière des techniques d'influences numériques n'est pas ou peu abordée.  Elles conditionnent pourtant l'économie de la donnée au cœur du modèle des entreprises de plateformes numériques. Gratifications cognitives, brouillage des repères sensoriels, suppression des efforts cognitifs et autres syndromes de manques ou de récompenses : comment nos cerveaux sont-ils influencés par les plateformes numériques?
Dès 2016, Facebook avait été dénoncé pour ses expériences d'influence de ses utilisateurs : la contagion émotionnelle de masse par les modifications de flux de news avait été testée sur 670 000 utilisateurs anglophones du réseau social, avec succès.
Prochain article "Pourquoi Facebook veut-il connaître les émotions de ses utilisateurs?"
Fin 2017, d'anciens responsables de Facebook dénonçaient les "dangers" du réseau social, ses effets néfastes:
"Sean Parker, l'ancien président du groupe qui possède encore des parts dans l'entreprise, dénonçait un réseau social qui " exploite la vulnérabilité de l'humain et sa psychologie ". Quant à Justin Rosenstein, le créateur du bouton " J'aime " qu'il décrit comme de " vives frémissements de pseudo-plaisir ", il dit avoir drastiquement limité son utilisation du réseau."
L'utilisation massive des plateformes via des smartphones est devenue la règle et commence à poser de nombreux problèmes : troubles du sommeil, de la concentration, lien social altéré, comportements obsessionnels, manques, insatisfactions, compulsions, et autres modifications émotionnelles en sont les principaux. En France, sortir avec son smartphone est devenu aussi naturel et indispensable que de sortir habillé, avec l'angoisse perpétuelle de ne pas pouvoir le consulter. "Le temps de cerveau" mis à disposition des plateformes numériques est impressionnant : 92% des Français utilisent leur smartphone sur leur lieu de travail, 90% ne sortent jamais de chez eux sans lui, 84% l'utilisent en même temps qu'ils regardent la télévision…
La question du "pourquoi" cette nouvelle forme d'addiction de masse existe n'est pas encore franchement débattue, alors que les raisons sont scientifiques, savamment développées dans des laboratoires de recherche des grandes firmes et s'appuient sur les neurosciences. La science de l'influence numérique a un nom, la captologie, et les Français—  plus ou moins jeunes — ne passent pas des heures chaque jour à appuyer sur des icônes, répondre à des messages, des sollicitations, vérifier les "j'aime" Facebook, les "flammes" snapchat ou retweeter, par pur choix délibéré et envie consciente de le faire : les interfaces sont conçues à l'aide de techniques activant certaines parties du cerveau des utilisateurs afin de les inciter, les influencer et les motiver.
Biais cognitifs : les failles du cerveau humain exploitées par les plateformes
Les biais cognitifs — de manière simplifiée — sont des mécanismes de la pensée qui permettent une déviation du jugement de façon inconsciente. Savoir les utiliser permet à des annonceurs et des entreprises Internet d'amener les utilisateurs à agir, se comporter, obtenir une compréhension dans un sens déterminé. L'une des techniques les plus simples et efficaces que les plateformes numériques utilisent est le système de notifications : les sons ou la vibration qui nous alertent des dizaines ou centaines de fois par jour — d'une nouvelle intéraction numérique — ont un effet direct sur le cortex sensoriel et notre lobe pariétal. Les spécialistes en dynamiques cérébrales et cognition estiment que ces "déclencheurs d'attention" sont très importants pour notre cerveau réptilien, et ce, depuis le début de l'humanité puisqu'ils permettaient de savoir si des menaces s'approchaient. Ce détournement d'attention par l'alerte sonore est excessivement difficile à contrôler et appelle l'utilisateur à intéragir en permanence. Ce biais cognitif a été exploité par les constructeurs de smartphone et les developpeurs d'applications pour inciter les utilisateurs à les utiliser en permanence.
Un autre phénomène en lien avec le cerveau est crucial pour les plateformes numériques : la libération de dopamine chez l'utilisateur. Logique, puisque cette molécule est un neurotransmetteur ainsi qu'une neuro-hormone produite par une partie du cerveau, l'hypothalamus, qui permet l'activation "du circuit de la récompense". La dopamine est aussi appelée "l'hormone du plaisir" :
Le circuit de la récompense a pour rôle de favoriser les comportements utiles à la survie de l'organisme. Il incite la personne à reproduire les expériences qui lui ont procuré du plaisir. La dopamine assure la bonne transformation des éléments chimiques entre les neurones et provoque une sensation de satisfaction. ("Les effet de la dopamine", dopamine.fr)
Une action agréable libère de la dopamine — comme manger quelque chose de très bon ou avoir des relations sexuelles —  et cette neurhormone incite la personne à renouveler l'expérience afin de retrouver la satisfaction que celle-ci a engendrée. Le comportement des individus est donc directement lié à la dopamine puisqu'elle agit en quelque sorte sur la motivation humaine. Le manque de dopamine peut d'ailleurs créer une dépression nerveuse et des comportements apathiques. Les neuroscientifiques travaillant pour les firmes Internet ont donc compris qu'il était possible d'influencer directement le cerveau de l'utilisateur par des gratifications instantanées, aléatoires permettant la libération de dopamine : Les "j'aime" des amis Facebook, les retweets et favoris de ses abonnés Twitter, les "flammes" de ses correspondants Snapchat, etc, sont autant de redoutables activateurs du circuit de la récompense et libèrent donc de la dopamine dans les cerveaux des utilisateurs, et ce, quotidiennement.
Immersion, captation de l'attention
Le neuro-marketing numérique est en perpétuelle évolution et ne cesse de s'affiner. Les recherches pour capter et conserver l'attention des utilisateurs continuent d'agiter les spécialistes du domaine, en collaboration avec les développeurs d'applications. Le principe d'immersion, par exemple, est de plus en plus mis en œuvre pour empêcher l'internaute de décrocher d'une plateforme en créant une continuité permanente de nouveaux "objets d'attention" : vidéos, informations, tout doit s'enchaîner automatiquement dans un même contexte, avec des algorithmes s'adaptant le plus possible aux goûts de l'internaute afin de ne pas le laisser "souffler" et le forcer à attendre le prochain élément visuel.
Le monde de l'écran en "choix automatiques continus" compresse ainsi le temps et immerge visuellement celui qui le regarde. Ce phénomène exploite des méthodes de brouillage des repères sensoriels et de suppression de l'effort cognitif gérés par le cortex visuel. Les spécialistes expliquent très bien la fonction de ces méthodes immersives : pousser à la surconsommation de contenus, capter l'attention au maximum et créer des phénomènes de "gloutonnerie visuelle". Les sites de pornographie pratiquent massivement ces techniques qui leur assurent des millions de personnes ne pouvant plus s'arrêter de regarder les nouvelles vidéos proposées.
…et peur de manquer
Les méthodes utilisées par les neurosciences sur internet ne peuvent être décrites — et ne sont probablement pas toute connues — mais le système basé sur "la peur de manquer" reste un  classique qui devrait questionner les internautes le subissant. Que ce soient des images présentes "seulement quelques instants" sur une plateforme, des articles déclarés comme "le dernier en stock" ou le "ce que vous avez manqué" de Twitter, le principe reste celui de faire appel à une partie précise du cerveau, l'amygdale :
"Située dans la partie frontale du lobe temporal, elle regroupe plusieurs circuits d'alarme et joue un rôle essentiel dans le décodage de nos émotions, principalement dans le mécanisme de la peur. L'amygdale est également en étroite connexion avec l'hippocampe où sont stockés des souvenirs. Ainsi, une peur peut être déclenchée par le seul souvenir d'une frayeur passée, ou par tout contexte associé à un événement vécu comme traumatisant."
La crainte de perdre, de passer à côté de quelque chose, de ne pas être au courant, de rater une opportunité est entretenue par des algorithmes ciblant très précisément les profils des utilisateurs grâce à la collecte de leurs données personnelles permettant ainsi de réveiller dans leur cerveau les manques — et surtout peurs de manquer — les plus importants pour eux.

A l'heure des campagnes marketing pour les casques virtuels, de la réalité numérique "augmentée" — alors que d'anciens responsables ou salariés de firmes Internet alertent sur les campagnes d'influence et de manipulations en ligne — le questionnement sur l'utilisation des neurosciences par les entreprises du Net ne semble toujours pas émerger. Le Règlement sur la protection des données (RGPD) ne permettra pas de stopper cette économie de l'influence et de l'attention (appelée aussi "capitalisme cognitif"), puisqu'il permettra seulement aux utilisateurs d'autoriser que leurs plateformes préférées continuent à utiliser leurs données pour mieux… profiter des biais cognitifs, afin de les influencer et les captiver…
A quand un grenelle du neuro-marketing en ligne?
tv5monde

Comment les selfies trahissent 

vendredi 11 mai 2018, 06:11 notre personnalité..
C'est devenu un phénomène de société tel que cela devient monotone de regarder certains comptes de réseaux sociaux, grâce à des appareils photos intégrés dans les smartphones. La combinaison des réseaux sociaux et des ces smartphones, nouvelles générations, a fait émerger, ces dernières années, un phénomène très vite devenu planétaire: le selfie. En effet, en 2014, environ 34 milliards de selfies auraient été pris et cette tendance à l'égo-portrait, comme l'appellent les Québécois, n'a fait que se renforcer depuis, de telle sorte qu'au festival de Cannes de 2018, les organisateurs ont tenté de les interdire… sans trop de bonheur dans leur démarche. Je n'en ai jamais, personnellement, réalisé et j'en suis bien aise car, comme vous allez le lire ci-après, c'est devenu un tel acte de narcissisme que c'en est risible… et grotesque. La preuve.
Les selfies, notamment leur fréquence et leurs caractéristiques (la pose, le cadrage, les expressions...) en disent long sur notre personnalité (selon les psychologues). Très long même.
Des psychologues se sont intéressés à cette nouvelle tendance. Plus précisément, ils se sont demandé s'il existait un lien entre certains traits de personnalité et différentes pratiques du selfie.
Ils ont alors découvert, sans surprise, que la tendance à poster des autoportraits sur les réseaux sociaux est étroitement liée au degré de narcissisme de l'individu. Cependant, l'analyse approfondie de leurs résultats a révélé d'autres informations intéressantes sur ce lien entre selfie et narcissisme.
Pour tenter d'en savoir plus sur la corrélation entre la fréquence de selfies diffusés sur internet et le score de narcissisme obtenu avec un questionnaire, les chercheurs ont analysé les sous-dimensions de ce trait de personnalité, à savoir:
Le leadership
La vanité
La suffisance
Le besoin d'admiration… des autres, bien sûr.
Ces psychologues ont alors découvert que c'est surtout la vanité qui explique le mieux la pratique du selfie chez les hommes. En revanche, chez les femmes, il semble que ce soit plutôt le besoin d'admiration.
D'ailleurs, cette différence de genre s'observe également pour d'autres caractéristiques du selfie. Par exemple, les femmes postent d'avantage d'autoportraits que les hommes (jusqu'à 4,6 fois plus dans certaines cultures). En outre, elles ont tendance à sourire plus souvent et plus franchement que la gent masculine. En revanche, les hommes regardent beaucoup plus souvent l'objectif que les femmes.
De plus, les caractéristiques des photos diffusées sur les réseaux sociaux semblent varier selon d'autres traits de personnalité. Plus précisément, des chercheurs ont analysé 5 principaux traits de personnalité et leur influence sur la pratique du selfie:
L'ouverture à l'expérience: les personnes qui présentent ce tait de caractère s'affichent plus souvent en riant.
Le caractère consciencieux: les selfies des individus consciencieux sont souvent pris dans un lieu public afin de fournir des informations sur cet endroit. En outre, ils ont tendance à moins retoucher leurs photos que les autres.
L'extraversion: plus les personnes sont extraverties et plus elles affichent des expressions joyeuses. En outre, elles ont tendance à faire davantage de selfies de groupe.
L'agréabilité: les personnes altruistes et coopératives postent plus souvent des photos avec un regard tourné vers l'objectif. Elles ont également tendance à s'afficher en groupe.
Par contre, ceci ne va pas plaire à certain-es lecteurs:
Le névrosisme (l'instabilité émotionnelle et la tendance au pessimisme): ces individus ont tendance à afficher peu d'expressions émotionnelles positives, mais aussi à zoomer sur une partie de leur visage.
Ainsi, les selfies sont de véritables miroirs de notre personnalité. Ils révèlent bien plus que le simple désir de se mettre en avant. A méditer.
Inspiré des travaux de Nicolas Guéguen, de Piotr Sorokowski, de Lin Qiu, de Ji Won Kim et de Nicola Döring.

Travailler en musique: qu'en pense 

travailler en musique et le cerveau
jeudi 10 mai 2018, 08:21 ...notre cerveau?
Les études sur le lien entre l'écoute de la musique au travail et la productivité sont nombreuses, et les avis partagés: la musique peut-elle influencer votre productivité, ou au contraire, parasiter votre concentration? Tout est une question de dosage, disent les scientifiques.
"C'est un problème, quand on écrit ou quand on dessine et qu'on doit inventer des gags, d'écouter de la radio ou de la chanson française. Je ne peux pas, parce que ça s'entrecroise dans la tête et on ne peut pas se concentrer comme il faut. En revanche, la musique classique sans paroles est inspirante, elle est une amie quand on doit créer les images". disait récemment Philippe Geluck, dessinateur et auteur belge. Personnellement, je ne peux rien réaliser avec la musique; pour moi, la musique, c'est quand je la choisis pour un loisir… en discothèque par exemple.
Rien ne m'agace plus quand je contacte quelqu'un par téléphone et que cette personne ne fait pas l'effort de faire cesser la musique dans sa maison: j'ai l'impression qu'elle n'écoute pas ce que je lui dis. C'est pire, lorsque je fais une voyance. Je demande à la personne d'éteindre son poste ou alors, elle devra me rappeler lorsqu'elle sera décidée à m'écouter.
La musique, serait pour certain une amie qui  les inspire? Même dans les tâches les plus banales du quotidien, nombreux sont les gens à travailler un casque sur la tête: pour s'isoler du bruit ambiant, pour se donner un petit coup de pouce ou pour se détendre? Mais que se passe-t-il dans notre cerveau, lorsque nous écoutons la musique en travaillant? Faut-il la bannir ou l'encourager dans l'environnement de travail? Selon les scientifiques, la réponse est plus nuancée que cela: c'est une question de choix et de dosage, mais aussi de la personnalité et des habitudes.
En effet, lorsqu'on est appelé, comme le décrit Philippe Geluck, à mobiliser les fonctions cognitives du cerveau – lire, écrire, communiquer avec les autres – la musique viendrait parasiter les circuits actifs, comme l'explique Daniel Levitin, musicien et chercheur en psychologie cognitive, auteur de This is your brain in music . Même si vous avons l'impression d'être productif, vous n'êtes pas en mesure de vous consacrer à votre tâche principale toute l'attention nécessaire.
Tout le contraire, lorsqu'on est absorbé par une tâche répétitive ou monotone, où la musique devient stimulante". La musique capte facilement notre attention: dès qu'il y a de la musique dans l'environnement, le cerveau se synchronise très naturellement, "précise Hervé Platel, chercheur en neuropsychologie à l'Université de Caen" dont j'ai déjà parlé. Les voies d'entrée de la musique dans le cerveau sont beaucoup plus complexes que celles de la parole, par exemple, et sollicitent différentes régions cérébrales: la musique stimule, relaxe, calme la douleur, mais a aussi, la capacité d'augmenter la plasticité du cerveau et de provoquer les modifications au niveau des connections synaptiques". Selon le chercheur, écouter la musique en travaillant stimulerait ainsi la mémorisation et permettrait de moins ressentir la fatigue.
Travailler en musique pourrait -donc- stimuler la mémoire, mais aussi diminuer le stress ou l'anxiété. La chercheuse Teresa Lesiuk de l'Université de Windsor a observé l'influence de la musique sur la productivité et la créativité des ingénieurs en informatique, et a constaté que ceux qui ont écouté de la musique en travaillant ont pu finir leur tâche plus vite et proposer de meilleures idées: "Lorsque vous êtes stressé, vous avez tendance à prendre des décisions hâtives. Au contraire, lorsque vous êtes dans un état positif, vous êtes plus à même d'envisager plusieurs options". Les sentiments positifs influenceraient l'organisation cognitive dans votre cerveau, y compris au niveau de la créativité. Mais, comme le souligne Teresa Lesiuk, il est très important de pouvoir choisir la musique que l'on écoute en fonction de ses goûts personnels.
Et nous ne sommes pas tous égaux. Il faut savoir que les mélomanes montrent plus de réceptivité à l'impact de la musique au travail. Ce que nous partageons, par contre, c'est notre réaction physiologique pendant l'écoute d'un morceau familier: à différente échelle, nous sommes submergés par un sentiment de bien-être: "La musique qui nous plaît stimule les circuits de la récompense dans notre cerveau. En résulte la production de la dopamine, neurotransmetteur responsable du sentiment de bien-être", explique Hervé Platel ". Dans le milieu de travail, elle peut ainsi diminuer le stress et l'anxiété". Et l'anxiété, elle, a tendance à inhiber les fonctions cognitives. En revanche, l'état de bien être libère de la sérotonine qui améliore l'humeur et facilite la concentration.
Cependant, tout type de musique n'est pas propice au travail. De manière générale, mieux vaut choisir une musique neutre, de préférence instrumentale: "Les paroles nous distraient cognitivement. Etant donné que le travail nécessite de manipuler par le langage notre réflexion intérieure, notre réflexion linguistique sera bien évidemment perturbée par le texte", explique le chercheur. Il vaut mieux aussi éviter la musique trop énergique, qui peut à la longue fatiguer et diminuer la concentration: "Elle peut être utilisée de façon très temporaire pour se donner un coup de fouet, mais sur le long terme elle a davantage tendance à épuiser, avec des effets négatifs sur la concentration et l'humeur. On perd l'effet intéressant à trop prolonger l'exposition".
Enfin, la musique peut être un excellent moyen de se préparer pour la journée de travail ou pour se ressourcer entre deux tâches: selon Daniel Levitin, seulement 15 minutes d'écoute de la musique a le même effet sur notre humeur qu'une séance de sport ou une ballade dans la nature, quelle qu'elle soit, tant qu'elle fait partie de notre playlist préférée.

TOUTE LA MUSIQUE EST LA: Archive 8bis

C'est toujours intéressant de voir 

mardi 8 mai 2018, 08:16
comment les charlatans vous manipulent
Certains sont plus que doués… je pense, oui, que c'est un don… voir les camelots et Barnum qui a donné son nom au plus grand cirque de l'histoire. Il est à la base de ce que l'on a appelé “l'effet Forer“, du nom du psychologue, ami de Barnum, et qui a décortiqué le système manipulatoire de celui-ci.
Un vrai don, vous dis-je!

NON! pas de vie après la mort

la vie après la mort
lundi 7 mai 2018, 08:47 L'embaumeur et les morts
Olivier Emphoux est embaumeur. Avec l'aide d'Annette Geffroy, il livre des témoignages sur ses expériences professionnelles. Il a déjà sorti plusieurs livres et va partout sur les plateaux et médias pour en faire la promotion.
Je n'ai lu AUCUN de ses livres. Je veux juste réagir sur son assertion: “je ne suis pas voyant“ (le voyant prédit l'avenir, monsieur) “ni médium“ (les médiums seraient une catégorie “élite“ dans la voyance… bobard des tireurs et tireuses de cartes).
Explication très précise:
Un médium, regardez sur le dictionnaire: c'est un intermédiaire, (entre les morts et les vivants?) c'est aussi la taille des vêtements, en angliche s'entend!!! Malgré les publicités d'escrocs qui s'affirment “médium“ parce que “cela fait bien“ dans le CV, un médium n'est pas un ou une voyante. Un médium est la personne qui fait l'intermédiaire entre les morts et qui donnent de leurs nouvelles aux vivants. Au début du siècle dernier, on appelait ainsi les spirites (ceux qui faisaient “tourner les tables“).
Il fut un temps, au début de ma carrière, où les médiums étaient flores à Toulouse, ma ville, et sans doute, un peu partout en France. Il s'agissait de personnes de la profession qui affirmaient être en contact avec les morts de votre entourage. J'en ai rencontré un qui me décrivit ma grand-mère. C'était un portrait qui convenait à toutes les grand-mères de France et de Navarre mais pas à la mienne (paternelle s'entend) qui était totalement atypique). Depuis, ma religion est faite concernant ces crétin-es!
Pour avoir plus de 30 ans d'expérience dans la profession mortuaire et parce qu'il respecte les morts qui lui “passent“ entre ses mains, cet embaumeur à fini par “sentir“ des “choses“ venant des décédés. C'était obligatoire. Explication plus loin.
Cependant, là où le bat me blesse, c'est qu'il se permet de dire haut et fort: la vie après la mort existe. Faux. J'ai déjà parlé de ma théorie (au début de ma carrière, intuitive, puis, scientifiquement prouvée depuis): nos souvenirs, sensations, idées, impressions ne s'inscrivent pas dans notre cerveau mais dans une sorte de “sac“ invisible, qui nous suit en permanence et dans lequel s'entasse, à chaque seconde, tous les éléments de notre vie quotidienne. Ce sac invisible que j'appelle “sac mémoriel“ est relié à notre être organique par une corde invisible mais vibratoire, tout comme est le sac l'est.
Quand nous mourrons, ce lien met un jour ou deux pour se détacher de nous et rejoindre le continuum de l'Inconscient collectif. Parfois, ce sac (invisible toujours, je rappelle) peut rester à proximité du décédé: c'est ce “sentiment là“ que nous pouvons ressentir. Tous. De façon plus ou moins consciente. Notamment en cas de décès brutal et imprévisible de l'être aimé.
t ce monsieur Emphoux qui est au contact permanent des morts, a fini par ressentir ces vibrations invisibles et les percevoir -de façon plus forte- que la majorité des gens s'entend. Mais, les défunts ne lui sont pas connus: il n'a donc aucune relation d'amitié ou tendresse familiale avec ces personnes. Ho! je suis persuadée qu'avec son “émotion“ compassionnelle d'humain (ce monsieur à l'air d'être quelqu'un de raisonnable et d'amical“ il “sent“ bien des “choses venant“ des personnes défuntes.
Mais, cela s'arrête là. Il ne pourra jamais raconter la vie de ces gens. Seul-e une voyante de mon style fait de la rétrocognition et raconte des bribes de la vie du décédé. Je suis persuadée que cet embaumeur “ressent“ des choses, qu'il peut -même- voir des phénomènes se produire. Dont la lévitation d'un corps, un jour. Je pense que c'est dû simplement à la puissante “télépsychie“ du décédé: c'est depuis le “sac mémoriel“ que lui parvient de fortes vibrations qui peuvent interférer avec son instant présent. Et lui donner l'impression forte que le décédé lui passe un message.
Pour affirmer que la vie après la mort existe, il devrait pouvoir nous raconter 10 ou 20 000 anecdotes très précises et détaillées (puisque c'est le nombre de défunts -la fourchette varie selon les interviewes qu'il donne, mais c'est un détail).dont il s'est occupé. Il n'y a aucune raison pour que certains morts “parlent“ et d'autres pas. Et puis, pourquoi seulement à lui et pas à leur famille.
Ce n'est pas parce qu'il a lu ou écouté des conférences et autres vidéos d'un anesthésiste toulousain qui va partout -avec toute une smala de perturbé-es de la cervelle- et qui s'appuie sur ses études longues et “scientifiques“ pour monter une sorte de secte de "croyants au retour des morts" qu'il doit se mettre à leur diapason et affirmer haut et fort que la vie existe après la mort.
Cessez -TOUS- vos affirmations qui ne sont pas scientifiquement prouvées!

Transmission

tansmission orale de l'histoire
dimanche 6 mai 2018, 08:44 ...bon petit article à lire
Ce qu'il faut savoir de la mémoire collective

Beaucoup d'histoires sont transmises de génération en génération par ce que l'on nomme le bouche à oreille. Mais quelles sont les histoires? Les histoires sont que des représentations du passé, rassemblées dans des récits. Ces histoires, parlent sur un thème donné, présentent donc une intrigue avec un début et une fin bien définis. Les événements considérés comme les plus importants sont -en outre- présents dans le récit. Lorsqu'un récit est adopté par un groupe comme l'interprétation plus ou moins exacte de son passé, il devient rapidement, une partie de la mémoire collective de ce groupe.
Le bouche à oreilles sert à cette fin: partager des souvenirs (mais aussi, des interprétations d'événements passés). La transmission de ces histoires constitue ce qu'on appelle la "mémoire collective". Il s'agit des souvenirs partagés par plusieurs générations afin qu'ils ne se perdent pas.
Cependant, on se doute que la “mémoire collective“ ne présente pas un compte rendu objectif ou neutre des événements passés. Ces récits partagés sont sélectifs. Ils se souviennent de ce qu'ils veulent retenir et ils sont souvent biaisés, donnant la priorité -dans de nombreux cas- à ce qui est utile pour servir aujourd'hui.
La “mémoire collective“ peut servir à justifier les actions du présent. Du fait du bouche-à-oreille de cette “mémoire collective“, chaque génération qui se la partage, polarise l'histoire initiale en l'adaptant aux prétentions du présent.
Quand les grands-parents nous parlent des guerres passées, ils nous parlent des événements dont ils se souviennent le plus, ceux qui leur ont fait le plus impression. Ces événements sont alors relatés en fonction de leur idéologie propre. Pour certains, leur préférence va probablement aller aux victimes, tandis que pour d'autres elle sera en majorité portée sur des oppresseurs, des coupables. Les batailles des grands-pères serviront, par exemple, à expliquer le pourquoi de certaines politiques ou de comportements spécifiques. “Si nous nous battons pour une Espagne unie…ce n'est pas pour que la Catalogne devienne à présent indépendante”.
Alors que la transmission des récits par le bouche à oreilles est bien connue, il existe toutefois différentes formes de transmission. Celles-ci correspondent aux différents types de mémoire qui composent la mémoire collective.
La mémoire populaire: ce sont les représentations du passé faites par les membres de la société. Elles se manifestent directement dans les sondages de l'opinion publique.
La mémoire officielle: ce sont les représentations du passé adoptées par les institutions formelles. Cette mémoire se manifeste, par exemple, dans les publications de l'armée, les expositions dans les musées nationaux et les manuels approuvés pour le système éducatif.
La mémoire autobiographique est celle des personnes qui ont directement vécu les événements liés à l'histoire. Ils sont directement issus de leurs souvenirs et de leurs histoires orales. Cette mémoire est une source primaire de connaissance sur le passé.
La mémoire historique: c'est la manière dont la communauté scientifique donne des explications sur le passé au travers de ses études.
La mémoire culturelle: c'est la façon dont la société voit son passé à travers des articles journalistiques, des commémorations, des monuments, des films et des bâtiments, entre autres.
Les quatre derniers types de mémoire sont ceux qui influencent le plus la mémoire populaire, tandis que la mémoire officielle, qui représente les nations sur la scène internationale, influence les relations étrangères.
La mémoire collective des conflits
Lorsque nous parlons d'un conflit, les récits abordent les principaux événements qui l'ont déclenché et qui se sont développés au cours de celui-ci. Ces narrations vont être sélectives et biaisées. Elles fourniront une vision égoïste et simpliste du conflit.
En général, ces récits touchent au moins quatre thèmes principaux :
La délégitimation du rival
L'image positive du groupe lui-même.
La présentation du groupe lui-même comme la seule ou principale victime.
La justification du début du conflit.
Ces récits jouent deux rôles importants dans le conflit. Le premier est interne. Lorsqu'un groupe adopte de tels récits, ils deviennent la mémoire populaire de ses membres. En conséquence, les narrations influencent les réactions psychologiques des membres du groupe et, par conséquent, leurs actions.
Avec une forte probabilité, ceux-ci seront négatifs envers le rival et positifs envers eux-mêmes. Le deuxième rôle est externe, les récits présentent le groupe de manière positive face à la communauté internationale, de laquelle ils attendent un soutien.
Conséquences de la mémoire collective
Les récits qui constituent la mémoire collective d'un conflit empêchent souvent la résolution pacifique du conflit et la réconciliation entre les parties. D'une part, les membres du groupe ne se sentent pas encouragés de signer la paix avec un rival qu'ils perçoivent de manière négative et qui n'est pas digne de confiance. D'un autre côté, les récits biaisés dissuadent le rival de négocier avec l'autre groupe.
Comme dit un proverbe arabe “si Dieu nous a créés avec deux oreilles, deux yeux et une seule bouche, c'est parce que nous devons écouter et voir deux fois avant de parler – N'ouvrez pas vos lèvres si vous n'êtes pas sûr de ce que vous allez dire, préférez-y le silence“.
La mémoire collective est donc, dans la plupart des cas, égoïste et biaisée. Par conséquent, nous devons prendre en compte toutes les perspectives. Connaître tous les récits, même ceux qui sont contraires à la mémoire collective, aidera à mieux comprendre les événements passés. Cela aidera également à comprendre le rôle des récits et les éléments qui limitent ou entravent les accords de paix.
https://nospensees

Notre cerveau est capable d'anticiper nos actions

Voyance directe
samedi 5 mai 2018, 07:24
J'en ai parlé dans une précédente note. Mais, très souvent, j'ai constaté durant (et après une consultation car le phénomène m'intriguait) que je ne “voyais“ rien dans mon cerveau, contrairement à l'habitude: la “voyance“ coulait seule à travers mes dires sans que je n'y ai pensé une demi-seconde. Il faut savoir qu'en règle générale, une “impression“, une sorte d'“image“ accompagnée ou non de “sensation“ vient dans le cerveau une demi-seconde AVANT que je dise ce que je “vois“.
Parfois, les “images“ ou “sensations“ sont inabouties et je dois les “retravailler“, c'est-à-dire, expliquer de façon réaliste la “sensation“ éprouvée pour la bonne compréhension des consultant-es. Et donc, il m'arrive souvent de “dire“ sans qu'une “image“ ou “sensation“ s'inscrive en moi… un peu comme si la “voyance“ était une grande masse d'eau et qu'un filet coulait à travers moi sans qu'il ne puisse être retenu pour “transformation“ ou “explication“.
Désolée, vous devez vous y reprendre à deux ou trois fois pour comprendre ce que je viens d'écrire… tout est dans le domaine de la “sensation“ ou de vagues images. Comme quand j'explique que j'ai fais une voyance en direct sur ma fille qui était en salle d'opération et que j'ai vu un bout de mâchoire et des dents et que j'ai compris que ma fille était encore sous la main du chirurgien.

Lien plus bas de mon film textes sur Youtube
Voici une expérience récente.
Chacun des 16 sujets a effectué un certain nombre de tâches diverses en fonction de la disposition spécifique de leurs électrodes, pendant que les chercheurs surveillaient leur activité neuronale. Les participants devaient écouter un stimulus et répondre, ou regarder des images de visages ou d'animaux sur un écran et effectuer une action. "Ces études très sélectives ont montré que le cortex frontal est l'orchestrateur, reliant les choses ensemble pour un résultat final", explique le neuroscientifique Robert Knight de l'UC Berkeley.
Le plus surprenant a été les détails sur le timing précis de chaque zone. Certaines des zones de réponse de notre cerveau s'allument remarquablement tôt, souvent pendant le stimulus, suggérant que même avant que nous ayons une réponse complète à portée de main, notre cerveau est déjà en train de préparer ces parties du cortex pour l'action. "Cela pourrait expliquer pourquoi les gens disent parfois des choses avant de penser ", suggère Shestyuk.
L'étude a été publiée dans Nature Human Behaviour.

“La musique, le cerveau et nous“

jeudi 3 mai 2018, 07:56
Des idées étonnantes proférées par Oliver Sacks. Seuil, 2009, 472 pages, 25 €
Sacks est médecin neurologue, célèbre auteur, entre autres, de “L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau“,
Ce qu'Oliver Sacks décrit les différentes pathologies "musicales" qu'il a pu rencontrer dans sa carrière, et nous permet ainsi d'en déduire le plus d'informations possible sur le rôle de la musique dans nos vies "normales". Tout au long de l'ouvrage se trouvent ainsi décrits des cas plus étonnants les uns que les autres. En effet, le rôle de la musique dans la vie de certains patients a pu se trouver radicalement transformé, dans un sens comme dans l'autre: des mélomanes fervents, ou même un critique musical, se retrouvant après un accident sans pouvoir supporter la moindre note, comme des gens pour qui la musique est devenue du jour au lendemain soit un soulagement, comme certains épileptiques, paraît-il, soit tout simplement l'apparition de goûts musicaux totalement nouveaux, parfois très intenses.
Citons encore d'autres types de curiosités décrites par Sacks, comme ce qu'il appelle un "ver auditif": nous avons tous eu un jour ou l'autre un air qui nous "trotte dans la tête"; eh bien cela peut devenir une véritable obsession, se transformant en hallucinations auditives telles, que l'on est semble-t-il persuadé que la radio est allumée, ou que le voisin exagère à passer sa musique si fort! Ou encore ce chapitre sur la surdité, où l'on apprend d'une part que la surdité n'est aucunement synonyme de silence, et d'autre part que certains cas de pertes auditives sont très sélectifs: on peut ainsi, visiblement, perdre le sens du rythme (seul), ou des hauteurs des sons (comme Fauré à la fin de sa vie), ou, sans perdre la faculté d'entendre les notes, perdre celle de les relier entre elles et de reconnaître des mélodies, ou l'inverse, perdre le sens de l'harmonie: on entend plus justement que la mélodie; terminons par l'aptitude à la "spatialisation": en effet, il semblerait que perdre ce sens, par exemple suite à la surdité d'une seule oreille, entraîne également la perte de l'émotion ressentie! Certains patients décrivent ce phénomène en comparant ce qu'ils éprouvent avec quelqu'un qui disposerait du menu au restaurant, mais n'aurait jamais le plaisir du plat lui-même...
Il nous annonce l'information la plus "spectaculaire": les IRM permettraient de reconnaître à coup sûr le cerveau d'un musicien, contrairement à toute autre profession (ni peintre, ni écrivain, ni même mathématicien)? Mais à ceux qui espéreraient se "découvrir" à l'IRM un nouveau talent, Sacks explique que nous n'aurions pas au départ un cerveau de musicien, mais que la pratique musicale développerait (et donc de façon visible) certaines zones du cerveau, avec des "renforcements fortement corrélés à l'ancienneté de la pratique musicale". Pas le choix, donc: à vos instruments!
Quant à la question de l'émotion musicale (que j'appelle “l'orgasme cérébral dans mes film-textes sur Youtube…. pour voir monter le compteur des visites! J, il y a un élément de réponse qui paraît très convaincant: le fait que la musique ait sur nous (entre autres) un effet particulièrement "unificateur": "le rythme et les mouvements (souvent associés à des émotions) qu'il entraîne, sa double capacité de "mouvoir" et d'"émouvoir" pourraient bien avoir rempli une fonction culturelle et économique essentielle au cours de l'évolution humaine en rapprochant assez les individus pour que le sens de la collectivité et de la communauté soit acquis“.
Tout le monde a certainement ressenti cette intensification considérable des émotions lorsqu'elles sont partagées (comme la joie des supporters lors d'une grande victoire sportive, par exemple, ou encore les "rires" que les séries rajoutent pour nous faire croire à un public... ou tout simplement la hâte que l'on éprouve à faire connaître ou partager nos émotions, notamment artistiques, avec nos proches); cette fonction d'union des individus par la musique serait ainsi un moyen, et diablement efficace, de faire battre tous les cœurs à l'unisson.
À ceux que le sujet intéresse, voici une autre piste séduisante pour tenter d'expliquer le pouvoir de la musique: l'aptitude à détecter les sons et à les traduire en signaux clairs indiquant par exemple un danger aurait permis la survie de nos ancêtres ayant une "bonne oreille", et de fil en aiguille, le danger s'amenuisant, l'oreille aurait pu ensuite être "réorientée" vers une activité moins liée à la peur, mais restant très intense émotionnellement: "On est donc parfaitement en droit de penser que la magie du son, et peut-être l'émotion délicieuse de la musique, est l'héritage de cette émotion-peur de nos lointains ancêtres entendant un bruit signalant peut-être un prédateur à l'affût (j'en ai déjà parlé dans un texte -voir le blog de mon site www.josyanejoyce.com, c'est dans l'archive 8bis).
Cette hypothèse se voit d'ailleurs confortée par une expérience rapportée dans “Pour la Science“ qui nous apprend que le temps de réaction des sujets chargés de décrire l'émotion de divers extraits musicaux est extrêmement faible, de l'ordre de 250 millisecondes! Quoi qu'il en soit, la musique est bien aujourd'hui une composante de notre monde d'une telle importance qu'envisager sa disparition revient presque à imaginer un monde éteint...

Tout sur la musique: Archive 8bis





La paraphrénie fantastique.

syndrome de Cotard,paraphrénie fantastique
mercredi 2 mai 2018, 08:00
J'ai pas mal hésité à vous parler de ce syndrome… car, certaines personnes mal intentionnées, au vu d'une lecture simpliste et non réfléchie (plus bas) pourraient se dire: “elle parle d'elle-même“. Mais, si vous lisez bien, vous verrez que je n'en suis pas atteinte. Si chaque fois qu'une personne a une pensée -qui navigue hors des sentiers battus- donne à croire qu'elle est atteinte de ce syndrome psychologique, l'humanité ne va plus faire des progrès! Et puis, d'ailleurs, je ne me crois pas au centre du monde ou descendante de Jésus christ!
Voici quelques-uns des symptômes de cette maladie, tels qu'on les trouve dans l'Abrégé de psychiatrie (Éditions Masson): La paraphrénie fantastique débute généralement avant la trentaine par une phase d'inquiétude et d'anxiété... Peu à peu, des idées extravagantes et des hallucinations se succèdent, qui visent non seulement les relations du sujet avec son entourage, mais tous les éléments, les conflits politiques anciens ou actuels, et surtout les forces cosmiques.
Période d'état. Le délire est une production luxuriante, extraordinairement étrange, de représentations mentales vives, décousues et mobiles. Les idées mégalomaniaques sont absolument démesurées et extravagantes. On y trouve des idées de filiation illustre et surnaturelle (il est descendant de Christ sur la terre), d'héritages fabuleux, d'entrevues secrètes avec les grands personnages de la mythologie.
On décrit trois aspects cliniques principaux. Dans l'un d'eux, le malade se croit l'objet d'agissements magiques, d'envoûtements.
Dans un autre (syndrome de Cotard fantastique - lire la vidéo sur Youtube) on observe un délire de négation englobant toute la réalité et portant sur l'absence des organes essentiels à la vie, sur des idées de transformation corporelle et d'immortalité du corps: " Rien n'existe plus et tout existe éternellement en moi ". Le malade expose, d'une façon détachée, ses thèmes de la fin du monde. Enfin, dans la paraphrénie cosmique, il jongle avec l'astrologie, le magnétisme terrestre, la métaphysique des sciences. Il pense être le moteur universel, le centre des transformations cosmiques.
Successeur des grands prophètes
Certes, on ne peut dire que cette description se superpose trait pour trait à la personnalité de Victor Hugo: aucun cas individuel ne peut correspondre exactement à un tableau clinique moyen. Mais les similitudes sont plus que troublantes. Dans toute l'œuvre, il serait facile de trouver mille passages qui justifient le diagnostic du docteur Jean de Mutigny, comme cette phrase des Travailleurs de la mer: "Je passe des nuits entières à rêver en présence de l'abîme". Prés du guéridon de Jersey, la mégalomanie du poète se donne libre cours: "... Il est le nouveau messie, le successeur de Moïse, de Mahomet et de Jésus. Il parle à ses illustres invités sur un plan d'égalité, voire de supériorité: en complétant leurs révélations, il leur est supérieur ". [...]
Un beau sujet de thèse
Bien sûr, les paraphréniques ne produisent pas tous des poèmes dignes de la Légende des Siècles ou de l'Ane. Il faut encore être Victor Hugo, ce qui n'est pas donné à tout le monde. On touche ici à un problème qui a déjà fait couler beaucoup d'encre: les complexes rapports du génie avec la folie. Sans apporter de solution définitive – car il reste encore des détails mal expliqués – la thèse défendue par le docteur Jean de Mutigny apporte une contribution majeure à un débat qu'on souhaiterait voir s'ouvrir avec toutes les pièces du dossier: les procès-verbaux originaux qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale, les récits des participants aux séances jersiaises (plusieurs ont été publiés), une analyse psychologique, non seulement de Victor Hugo lui-même, mais du délire collectif qu'il entretenait autour de lui. Quel beau sujet de thèse psycho-littéraire pour qui voudrait entreprendre un tel travail !
En fait, la paraphrénie est un trouble mental caractérisé par un délire paranoïde avec ou sans hallucinations (comme les symptômes positifs de la schizophrénie) sans troubles cognitifs (symptômes négatifs). Ce trouble se distingue aussi de la schizophrénie par une occurrence moins élevée, moins d'inadaptation prémorbide et une progression plus lente. Ce type de trouble est relativement rare, d'une prévalence estimée entre 2 et 4 %; les paraphrénies atteignent habituellement les personnes âgées, avec un début entre 30 et 45 ans.
Elle peut se révéler par une poussée aiguë, prenant pour le sujet la tournure d'une révélation, une mutation fantastique des relations au monde (expérience d'extase) ou bien de façon insidieuse, lente et progressive (sur plusieurs années parfois), masquée par un retrait affectif et une discrète bizarrerie des conduites propre à la schizophrénie. L'expression verbale, graphique, picturale du sujet reflète l'impénétrabilité et l'incohérence de la pensée du paraphrène. À la différence du schizophrène, le paraphrène garde sa cohérence, sa construction, son langage comme "outils de communications"
Reconnaissez autour de vous un sujet atteint:
Il est imaginatif avant tout, ici la "pensée magique", la fabulation sont effrénées. Le récit repose sur une production imaginative et idéique riche et luxuriante.
Une activité ou une expérience hallucinatoire est parfois présente et contribue à enrichir la production délirante: hallucination verbale, auditive, psychosensorielle; automatisme mental ("communication télépathique", "révélation", "prophétisme"). J'ai sans doute une pensée “magique“ mais je n'affabule pas du tout, je transcrits seulement les dernières recherches en matière de neurosciences.
L'espace et le temps, la réalité sont remaniés, sans souci de cohérence ou de clarté. La note mégalomaniaque est fondamentale dans la dimension cosmique du délire. Elle se perçoit dans les thèmes d'influence (emprise diabolique ou magique à distance) et de persécution. Les thèmes de grandeur sont souvent présents, le sujet s'identifie aux prophètes, aux monarques, à Dieu, aux puissances occultes.
Malgré l'adhésion et la richesse du délire dans le secteur imaginatif, l'adaptation du délire est remarquable. À ce jour, deux degrés de systématisation sont définis:
La forme imaginative: paraphrénie con-fabulatoire d'Emil Kraeplin, où "les créations imaginatives restent plus ou moins reliées entre elles"
La forme fantastique: paraphrénie fantastique d'Emil Kraeplin. La juxtaposition des thématiques mégalomaniaques, dans un monde merveilleux, rend le discours proche de celui du visionnaire.
La participation affective est intense, avec une exaltation, voire une euphorie dans l'expression du délire.
Les principaux symptômes de la paraphrénie incluent les délires paranoïdes et les hallucinations. Les délires ont souvent un thème de persécution, bien qu'ils puissent également être de nature érotique, hypocondriaque ou mégalomaniaque. La majeure partie des hallucinations associées à la paraphrénie sont auditives, avec 75 % des patients rapportant ce type de trouble. Cependant, les hallucinations tactiles, visuelles ou olfactives ne sont pas exclues. La paranoïa et les hallucinations peuvent se mélanger, sous forme de "voix menaçantes ou accusatrices venant du voisinage [et] qui sont fréquemment rapportées par les patients comme dérangeantes et injustes".
L'imagination morbide est présente dans tous les délires, mais on parle de délire paraphrénique, dans les psychoses non dissociatives, quand le mécanisme imaginatif l'emporte sur tous les autres mécanismes. On ne retrouve pas des symptômes fréquents dans d'autres troubles mentaux proches: aucune détérioration de l'intellect, de la personnalité ou des habitudes n'est rapportée; les patients sont propres, non dépendants et s'orientent correctement, aussi bien dans le temps que dans l'espace.
La paraphrénie est différente de la schizophrénie car même si ces deux maladies mentales se manifestent par des délires et des hallucinations, les patients schizophrènes montrent des changements et une détérioration de la personnalité, tandis que les patients paraphrènes maintiennent une personnalité non-atteinte et des réponses affectives normales.
La paraphrénie est souvent associée à une maladie neurologique comme une tumeur, un accident vasculaire cérébral, un élargissement des ventricules cérébraux, un trouble neurodégénératif ou un dysfonctionnement au niveau sous-cortical.
Certains patients paraphrènes, qui souffrent d'une perte significative visuelle et auditive, sont isolés, avec peu ou pas de contact social, ne possèdent pas toujours un domicile fixe, ne sont pas mariés ou n'ont pas d'enfants et s'adaptent mal à leur environnement. Bien que ces facteurs ne causent pas la paraphrénie, ils prédisposent significativement les individus au développement de ce trouble.
Le diagnostic de la paraphrénie n'étant pas inclus dans le DSM-IV ou la CIM-10, certaines études reconnaissent cette maladie comme "un diagnostic viable, distinct de la schizophrénie, avec des facteurs organiques qui jouent un rôle significatif chez les patients. "Comme telle, la paraphrénie est considérée comme différente de la schizophrénie et de la démence progressive chez les personnes âgées. Ravindran a listé en 1999 les critères diagnostiques de la paraphrénie, en accord avec la plupart des travaux disponibles à cette date.
Les psychothérapeutes diagnostiquent souvent les patients paraphrènes comme souffrant de psychoses atypiques, de troubles délirants, de psychoses - sans plus de précision, de troubles schizo-affectifs, ou de délires de persécution persistants du sujet âgé.
Des recherches suggèrent que les patients paraphrènes répondent bien aux antipsychotiques. Herbert a montré que la trifluopérazine associée à l'orphénadrine pouvait être un traitement efficace. Bien que la thérapie comportementale puisse aider les patients à réduire leur panique liée aux délires, la psychothérapie n'est pas considérée comme présentant un intérêt majeur.
Les individus paraphrènes ont une espérance de vie similaire à celle de la population générale. La guérison des symptômes psychotiques semble rare. Les patients présentent une détérioration lente du système cognitif, pouvant mener à la démence dans certains cas.

L'empathie, une affaire de biologie 

l'empathie dans la voyance
lundi 30 avril 2018, 08:36
Voir aussi ma vidéo
La capacité d'empathie varie d'un individu à l'autre. Fruit de l'éducation, de l'expérience et des gênes, elle est, en moyenne, plus forte chez les femmes que chez les hommes.
La faculté que nous avons à nous mettre à la place des autres dépend majoritairement de notre éducation et de notre expérience. Mais de récentes études montrent que la bienveillance dépend aussi de nos gènes.
Nous ne naissons pas tous avec le même capital d'empathie. La capacité humaine à lire les émotions des autres dans leur regard ne dépend pas que de notre éducation et de notre expérience, elle est aussi influencée par nos gènes, vient de suggérer  une vaste étude franco-américaine parue dans le journal "Translational Psychiatry" . Ces travaux ont été menés conjointement par l'Institut Pasteur, le CNRS et les universités de Cambridge et de Paris-Diderot, sur 46.000 clients de la société d'analyse génétique.
Il n'existe pas de mesure objective de l'empathie. Les scientifiques se sont donc basés sur le " quotient d'empathie" que jauge un questionnaire mis au point en 2004 à l'université de Cambridge. Il mesure les deux types d'empathie dont nous sommes pourvus: cognitive pour reconnaître les sentiments des autres, affective pour y apporter une réponse émotionnelle adaptée. Les personnes sollicitées pour l'étude ont toutes complété ce questionnaire en ligne et fourni un échantillon de salive. Le rapprochement des données a montré qu'au moins un dixième de la variation des sentiments de bienveillance, de compassion et de sollicitude dépend de notre ADN. Les chercheurs ont aussi démontré que les femmes sont en moyenne plus empathiques que les hommes.
Il y a quelques mois, une autre étude menée par l'université de Cambridge était parvenue aux mêmes conclusions. Les chercheurs avaient analysé les résultats d'un "eyes test" conduit auprès de 89.000 personnes: trente-six images d'yeux leur avaient été présentées et, pour chaque regard, il leur fallait deviner l'émotion exprimée. L'analyse a confirmé une capacité variable à lire "l'esprit derrière les yeux ".
En décortiquant cette expérience, les chercheurs britanniques ont peut-être identifié un des responsables génétiques de cette variabilité: le gène LRRN1 (" Leucine Rich Repeat Neuronal") qui existe en plusieurs variantes, dont certaines, trouvées chez les femmes, semblent être corrélées à une meilleure perception des émotions. D'ailleurs, cette portion du chromosome 3 est très active dans une partie du cerveau appelée "striatum", que l'imagerie a révélée être très impliquée dans la prise de décision et l'empathie cognitive. Et l'étude a montré que les variations génétiques offrant des scores plus élevés au test des yeux augmenteraient également le volume du striatum.
Mentalisation
Si le gène LRRN1 et les autres intéressent tant les chercheurs, malgré une influence somme toute modérée au regard de celle de l'éducation et de l'expérience, c'est que l'empathie est au cœur de certains troubles psychiatriques, notamment l'autisme, caractérisé par une difficulté à identifier ce que ressent l'autre. Dans leur dernière étude, les scientifiques s'attendaient à trouver chez ces malades un profil génétique moins favorable au développement de l'empathie. "C'est effectivement ce que nous avons identifié", explique le généticien Thomas Bourgeron, coauteur de ces travaux. Avec son équipe du laboratoire “Génétique humaine et fonctions cognitives“, qui cherche à comprendre les causes de l'autisme, il a testé une dizaine de gènes suspects, sans en découvrir cependant aucun qui ait une influence prépondérante dans la prédisposition à l'empathie. "Chacun y contribue probablement un petit peu", avance le professeur.
A en croire les travaux menés par ailleurs par le neurochirurgien Hugues Duffau, qui a révolutionné sa discipline en opérant de leur tumeur au cerveau des patients éveillés, il en va de même pour les différentes régions du cerveau et l'empathie: celle-ci n'est pas liée à une zone unique, mais à un ensemble de zones dont chacune joue un rôle. Hugues Duffau s'est intéressé à la "mentalisation", un concept forgé par les neuro-psychologues pour désigner l'habileté des individus à se comprendre eux-mêmes et à comprendre les relations avec les autres en termes d'états mentaux, et qui constitue une composante fondamentale de l'empathie. Ses observations l'ont conduit à conclure que la mentalisation n'est pas contrôlée par une région particulière du cortex, mais par des réseaux de neurones diffus et interconnectés.
Pour le montrer, il a fait passer des tests à ses patients, avant et après l'opération. "Les résultats indiquent qu'ils n'ont aucune séquelle après l'ablation du cortex frontal droit, expliquait-il, il y a peu. Tous ont conservé d'excellentes capacités de cognition sociale, aussi développées qu'avant l'intervention. Ces résultats montrent que cette région, bien qu'elle soit activée en cas de mentalisation, n'est pas indispensable à cette fonction. Son action peut tout à fait être compensée par d'autres neurones, ailleurs dans le cerveau. "La mentalisation serait donc contrôlée par plusieurs réseaux répartis dans différentes aires, pouvant se compenser les uns les autres“. Il en résulte une formidable plasticité qui semble sous-tendre de nombreuses fonctions cognitives et émotionnelles", poursuivait-il.
Neurones miroirs
Une famille de neurones en particulier, les neurones miroirs, est indispensable à la compréhension d'autrui. Dans les années 1990, des chercheurs italiens de l'équipe du neuroscientifique Giacomo Rizzolatti ont fait une découverte stupéfiante en étudiant ce qui passe dans le cerveau d'un singe qui observe une action : ses neurones moteurs, ceux-là mêmes qui commandent le corps, entrent en action, comme pour réaliser le même geste, mais en pensée. Tout se passe comme si, en regardant quelqu'un agir, le singe se sentait agir lui-même en se voyant à travers l'autre comme dans un miroir.
Depuis les travaux publiés en 2010 par l'équipe de Roy Mukamel, du laboratoire de neurophysiologie cognitive de Los Angeles, on sait que l'homme possède aussi ces neurones particuliers. Pour le démontrer, le chercheur a sélectionné une vingtaine de patients souffrant d'épilepsie, les épileptiques étant, comme les schizophrènes, doués de plus d'empathie que la population générale. Il leur a montré des vidéos où l'on voyait des individus accomplissant des gestes de la main ou mimant des expressions faciales. Parallèlement, il leur était demandé de reproduire les mêmes gestes ou expressions que ceux vus sur les vidéos. Si la plupart des quelque 1.200 neurones observés ne se sont activés que dans un des deux cas, une proportion significative d'entre eux, situés dans l'aire motrice et l'hippocampe, ont réagi à la fois à l'exécution et à la vue d'actions similaires.
Pour Roy Mukamel, ces résultats suggèrent que certains systèmes du cerveau humain sont dotés de neurones miroirs qui jouent un rôle dans des processus cognitifs comme la compréhension des émotions, ou dans l'apprentissage par imitation. Selon les scientifiques, c'est également dans ces neurones miroirs qu'il faut trouver la source des contagions émotionnelles et des effets de masse.
La musique joyeuse réduit l'empathie
La musique ne fait pas qu'adoucir les moeurs*: elle influence notre sensibilité à la douleur des autres. Des neuro-scientifiques de l'université chinoise de Shenzhen ont montré que le fait d'écouter de la musique joyeuse nous empêche de faire preuve d'empathie. En étudiant les courants électriques produits par les cerveaux de personnes écoutant une partition joyeuse tout en regardant la vidéo d'un individu se coupant la main, ils ont constaté une réaction cérébrale bien moins intense que si elles écoutaient de la musique triste.
La raison de cette insensibilité: l'incongruité émotionnelle. Si les émotions que nous ressentons (par exemple à l'écoute d'une certaine musique, joyeuse ou triste, oppressante ou apaisante) sont trop éloignées de celles qu'éprouve l'autre, elles creusent un fossé qui nous empêche de nous identifier à lui et donc inhibe l'empathie. A l'inverse, si elles sont proches, elles la favorisent. Plus généralement, tout ce qui diminue la ressemblance entre soi et une personne en détresse diminue aussi l'empathie que nous pouvons ressentir pour elle, expliquent les psychologues.
De l'art aux neurosciences

1873 Le philosophe allemand Robert Vischer crée le terme "Einfühlung" (“ressenti de l'intérieur“), traduit par "“ empathie“ "pour désigner le mode de relation de quelqu'un avec une œuvre d'art.
1883 Un autre philosophe allemand, Theodor Lipps, transfert ce concept de l'esthétique à la psychologie.
1905 Sigmund Freud place le terme dans l'orbite de la psychanalyse, où il finit par désigner l'attitude que doit avoir l'analyste évitant de faire la morale au patient ou de lui donner son avis.
1990 L'équipe de neurosciences de Giacomo Rizzolatti (Parme) fait la découverte des neurones miroirs chez le macaque. Ils permettent l'apprentissage par imitation.
2010 Au laboratoire de neurophysiologie cognitive de Los Angeles, Roy Mukamel apporte la preuve de l'existence des neurones miroirs chez l'homme.
2018 L'Institut Pasteur démontre l'origine partiellement génétique de l'empathie.
Paul Molga

Saviez-vous que la musique nous rassemble?

musique et musicothérapie
dimanche 29 avril 2018, 10:28
Dans la question de l'émotion musicale (voir mon film-textes sur Youtube), il y a un élément de réponse qui paraît très convaincant: le fait que la musique ait sur nous (entre autres) un effet particulièrement "unificateur": le rythme et les mouvements (souvent associés à des émotions) qu'il entraîne, sa double capacité de "mouvoir" et d' émouvoir" pourraient bien avoir rempli une fonction culturelle et économique essentielle au cours de l'évolution humaine en rapprochant assez les individus pour que le sens de la collectivité et de la communauté soit acquis.
Tout le monde a certainement ressenti cette intensification considérable des émotions lorsqu'elles sont partagées (comme la joie des supporters lors d'une grande victoire sportive, par exemple, ou encore les "rires" que les séries rajoutent pour nous faire croire à un public... ou tout simplement la hâte que l'on éprouve à faire connaître ou partager nos émotions, notamment artistiques, avec nos proches); cette fonction d'union des individus par la musique, serait ainsi un moyen, et diablement efficace, de faire battre tous les cœurs à l'unisson.
À ceux que le sujet intéresse, voici une autre piste séduisante pour tenter d'expliquer le pouvoir de la musique: l'aptitude à détecter les sons et à les traduire en signaux clairs indiquant par exemple un danger aurait permis la survie de nos ancêtres ayant une "bonne oreille", et de fil en aiguille, le danger s'amenuisant, l'oreille aurait pu ensuite être "réorientée" vers une activité moins liée à la peur, mais restant très intense émotionnellement:
On est donc parfaitement en droit de penser que la magie du son, et peut-être l'émotion délicieuse de la musique, est l'héritage de cette émotion-peur de nos lointains ancêtres entendant un bruit signalant peut-être un prédateur à l'affût.
Cette hypothèse se voit d'ailleurs confortée par une expérience rapportée dans la revue Pour la Science qui nous apprend que le temps de réaction des sujets chargés de décrire l'émotion de divers extraits musicaux est extrêmement faible, de l'ordre de 250 millisecondes. Quoi qu'il en soit, la musique est bien aujourd'hui une composante de notre monde d'une telle importance qu'envisager sa disparition revient presque à imaginer un monde éteint...

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